marche [2] : grève est une pause salutaire

La vitesse du marcheur est celle du regard posé sur les choses. Celui qui ne voit pas arpente les chemins sans pauses. Et pense sa marche comme un challenge, un défi, il ne pense qu’à la fin. La marche en soi ne l’intéresse pas. Tout ce qui le concerne d’ailleurs, le en soi est fait pour l’autre.

Le marcheur est celui qui voit, qui prend le temps de voir, qui marche pour voir. En lui et ce qui l’entoure. Tout ce qui l’entoure fait partie de lui, le révèle, le touche dans ses plus profond souvenirs, oubliés ou pas. Tout ce qu’il voit le constitue. Ce qui le constitue est un rythme harmonieux. Celui du souffle, du regard, dont le corps se meut en un vaste paysage dans lequel l’esprit se déplace… Car le marcheur se déplace dans ce qu’il voit, ce qu’il sent, ce qu’il entend comme en lui même. Ainsi la nature s’installe en lui, et tisse ses chemins en son sein. C’est pourquoi la pause fait partie prenante de la marche. Le marcheur se pause pour en ralentir les effets, et découvre ainsi la nature comme enveloppe, celle que le fait rythme.

grèves

La grève est une cessation d’activité, en fin de productivité, ne plus produire, faire une pause. Mais c’est aussi là se pose un cours d’eau. C’est le lieu et l’instant de la pose, de l’arrêt, de la vacance, de l’écoute, et de l’attente. Et pourtant les jours de grèves font de l’inactivité du travailleurs, un jour de marche. Contraint ou manifeste.

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Mais la grève est une pause salutaire, une limite du cours, d’eau ou de l’histoire, une pause du marcheur que l’on est, un besoin de reprendre souffle. La grève est le moment de l’écoute, de la halte temporaire au voyage, de faire le point pour mieux repartir. La grève est le point d’arrêt d’un nouveaux départ. En accord avec la nature, sa nature, en soi.

fin d’une histoire où l’unique chaussure du bord de routes demande à l’autre on fait une pose ?

changer les repères. Modifier la perception.

note pour une autonomie [2] : une histoire de robinsonnade

Lire la premiere partie : [ note pour une autonomie : effet de serre ]

Autonomie et biotope : Comment alors gérer un monde peuplé d’autonomie; comment penser l’échange, l’économie, lorsque l’on a plus besoin des autres. Comment penser le monde en robinson. Travailler à son île :

Rêves de bonheur - Simon Starling

« l’île pour mauvaises herbes » Simon starling

Rêves de bonheur -Simon Starling

Son île comme paysage mentale, déconstruire son habitat en champ d’expérimentation naturel. Envisager la première solution comme la moins pire, et prendre la nature comme énergie. Quelle utopie !

Il nous reste cette possibilité d’envisager notre vie comme impossible pour enfin trouver une réponse. fantasmons donc notre enfance, alors nous aurons des chemins à parcourir …

Reprenons notre point de départ au sujet de la serre. Nous avons tous fait l’expérience de la condensation sur une vitre. Notre corps produit de la chaleur n’est-ce pas ? Si nous imaginons du verre plus froid, alors nous serions dans un nuage intérieur.

 

Imaginons donc une serre autonome dans laquelle nous pourrions fabriquer des nuages …

Mais pourquoi ? Ben je ne sais pas c’est juste de produire le possible de l’enfance qui nous fait être au monde en poète. Bref pour les pragmatiques il s’agirait aussi de définir au grès du temps, les variantes de la serre pour imaginer la possibilité d’y habiter.

Donc nous sommes à présent dans notre nuage, tendrement installer à rêver.

suite : fabriquer des nuages [1] ; frabriquer des nuages [2] ;

précarité[3]: le temps dans 1m2


 ou le modèle d’une amnésie.

nous entassons toujours des tonnes de souvenirs, d’objets, de mémoires durant notre vie. Certain déménage pour s’agrandir, d’autres jettent pour avancer, et puis d’autres perdent, tout.
Dans la précarité il n’y a pas de place, y compris pour soi-même.

 

Assis sur une bouche d’aération la mémoire s’effrite, les repères s’estompent, la perte s’installe.
Avec comme une unique bouée d’une vie passée un sac. Et dans ce sac y à quoi ? Je ne sais pas.

 

 

Mais je me suis toujours demandé : parmis ce que j’ai s’il y a avait une chose que je devais garder ça serait quoi ? Bien sûr c’est une question de choix. Dans la précarité le choix n’est pas le filtre de ce qui reste. Ce qui reste est la nécessité. De toutes les manières comment penser une mémoire, l’entretien d’une mémoire, quand le repère géographique n’est plus, quand le repère civil n’existe plus, quand l’image de soi n’interroge plus, quand la mémoire se résume au m2 occupé.

Le temps dans 1 m2 c’est un temps qui s’effi-cloche (oh la belle faute frappe!). Le temps dans 1 m2, c’est le temps du précaire, de celui qui ne peut plus entretenir sa mémoire ou, qui fait de sa mémoire la seule activitée possible, continuellement. Etre précaire de son histoire.

 

L’oubli prend une forme de plus en plus petitement générale. le précaire ne se souvient pas. L’oubli devient son moteur. Le moteur qui ne s’intéresse qu’au présent, qu’à ce qui est appelé, ici et maintenant, qui ne cherche pas, qui prend pour argent comptant, qui a besoin d’amnésie pour avancer, pour fuire son histoire, pour être autre, qui se ment pour être présent.

Le précaire est celui qui accepte que le pouvoir est de celui qui ment, qui conforte, qui permet de ne pas penser, qui adouci, qui fait du présent la seule réalité, qui fait du passé un simple : oubliez moi de culturelle … qui fait se sentir là , toujours présent …
 

(à suivre)

Echafauder des étages [2]

trompe l’oeil - echaffaudage - avenue george V Paris
trompe l’oeil - echaffaudage - avenue george V Paris
trompe l’oeil - echaffaudage - avenue george V Paris
photos ivan tozzi

note précédente : échafauder des étages [1]

L’échafaudage est le temps de la construction, du renouveau. C’est le temps mis en suspension, en attente, un entre deux, d’ossatures. Mis à nu il n’est autre qu’un corps agrippé à un autre. Il est un plus, un appendice au changement : comme des allumettes à mes yeux pour ne plus dormir.

Histoire de trompe l’œil pour ne pas fermer les yeux. Entre un avant et un après. C’est la mise en forme d’un processus.

le chien andalou - ouvrir l’oeil
le chien andalou

Comment penser-formaliser le faire ? Ce qui est en train, ce qui n’est pas fini.
Penser les choses comme tel ! Figurer l’esquisse d’un devenir comme étant le résultat : tout le problème du projet ! Le projet est ce qui va advenir. Mais n’est il pas en soi un ensemble de processus d’étapes fini ? Ne serait- il pas une construction de l’étude, de l’esquisse ?

Lorsque l’on met un morceaux de sucre dans l’eau, à quel moment fond-il ? C’est ce temps là que j’aimerai revêtir ou in-vêtir. Habiter un temps où la position de l’instant est juste ! Où le prétexte d’une fin permet d’éclairer chaque instant comme voulu. De rendre sensible le mouvement, de le ralentir à ce qu’il est, un nouveau différent du premier mais présent à chaque fois.

dessin solaire serge toussignant
dessin solaire serge toussignant

dessin solaire – serge toussignant

Prendre une pause. Faire de cette pause la réussite du projet. Et ainsi travailler sur les silences …

[à suivre]

note pour une autonomie : l’effet de serre

Prenons cet article comme une hypothèse même si elle est fausse.
Pour point de départ à ma réflexion je suis parti d’un article de loi sur l’emplacement de serre sur du non constructible :

ARTICLE R422-2 DU CODE DE L’URBANISME : PERMIS DE CONSTRUIRE ET EXCEPTIONS AU REGIME GENERAL


Sont exemptés du permis de construire sur l’ensemble du territoire :

l) Les châssis et serres dont la hauteur au-dessus du sol est supérieure à 1,50 mètre sans toutefois dépasser 4 mètres, et dont la surface hors oeuvre brute n’excède pas 2000 mètres carrés sur un même terrain ;

C’est en lisant cet article que je me suis posé la question sur l’habitat comme serre.
Ce qui remet en cause la construction de murs opaques, d’un monde du caché, d’un intérieur invisible, séparé du dehors. La serre comme intérieur d’harmonie, un extérieur en soi …

serre

Sans partir dans une vision futuriste.
Le présent donne des réponses et intègre le futur précaire dans sa réflexion. C’est ainsi que le musée de botanique de bordeaux (Françoise-Hélène Jourda)  nous offre une marche supplémentaire à cette hypothèse, et érige sa transparence en un joyau d’humili-manité.

musée botanique de bordeaux
Pour en savoir plus : http://www.jourda-architectes.com/architecture/bat_publics/bordeaux/projet.pdf

Certes cette construction s’adresse aux plantes. Qui s’est déjà promener dans une serre sait qu’il est difficile d’y respirer, l’air y est lourd. Mais en Afrique aussi ! Et les peuples n’en sont pas mort pour autant, la mort en ces pays vient d’ailleurs !

Mise à part, essayons d’envisager cette tournure en un projet plus proche. Des architectes se sont déjà posés la question. Sans partir dans des cathédrales de verre, des maisons se font serre vivable, maison vivante.

xavier fouquet - nantes
xavier fouquet - nantes

quand la maison se fait jardin – architecte Xavier Fouquet

Bien, mais imaginons que nous habitions une serre autonome d’un point de vue énergétique. Nous pourrions y jardiner bien sûr et par la même s’auto-nourrir. Mais quel serait ce monde où l’autonomie serait moteur. Quels nouveaux échanges jailliraient de cette autonomie ? Comment penser un monde sans échanges, où l’autonomie en serait l’économie ?

[à suivre …]

la marche [2] : photo mobile

Ou l’horizon à portée de main.

> article précédent : la marche : une politique de pied

Voici une série de photos faites avec mon téléphone mobile. Tout en marchant j’ai pris des photos vers le bas, puis vers le haut. Transformant ainsi le niveau de ma main en horizon, entre terre et ciel.


l’horizon à portée de main ici
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à suivre …

la marche : une politique de pied

« La trajectoire est la ligne décrite par n’importe quel point d’un objet en mouvement, et notamment par son centre de gravité. » [wikipedia]


Qui n’a jamais cherché le terme d’un chemin ?
On connaît le point de départ, mais rarement le point d’arrivée. Pour le marcheur il n’y a pas de point B. Le point But n’est que la chute qu’on lui donne : Je n’irai pas plus loin, je suis bien là.

J’ai toujours, été frustré, de me rendre compte que je ne pouvais pas marcher jusqu’au but que je m’étais fixer, sans en faire ma vie. Et c’est bien ça, en faire sa vie. Le bout du sentier, à l’ombre des arbres, à l’horizon, vers des sommets, derrière des océans d’imaginaire, c’est là que les pas s’enchaînent sans percer le mystère.

Le mystère est en nous, l’horizon c’est nous, le but est la marche : se sentir vibrer, malmener, chahuter, secouer, rythmer par la marche.

John Muir - Quinze cents kilomètres à pied- ed José Corti

St Jacque de Compostelle – La Mecque

La marche a toujours été un mouvement vers soi. Une étape au recueillement. La projection de soi en soi. Un retour. Un mouvement concentrique. Les pèlerins l’ont bien compris. Que cela soit Saint Jacques de Compostelle ou La Mecque, la marche fait partie de ce dénuement là, où le marcheur est identique à l’autre comme ses pieds.

purification

La vitesse d’accélération d’aujourd’hui transforme notre Pèlerin en un Forest Gump agité.
Rien qu’à voir notre Forest National qui montre sa contemporanéité par le jogging ! Mr Sarkozy à fait de la course un mode politique. Contrairement au vrai Forest Gump, celui ci est bien plus agité. Forest lui coure pour ne plus accepter un monde violent, absurde… et traverse les Etats Unis pour se retrouver. Il coure pour ne pas se dire qu’il pense.

forest gumpjogging sarkozy

Notre bipbip le coyote national a bien compris, la course est politique. Il sait que pour ses opposants c’est la marche. Comme on a pu le voir ‘la marche pour la décroissance’ est aux antipodes. Préconisant aisni la lenteur, le recul, la décroissance, et place son mouvement autrement sur les chemins de l’avenir. Le lièvre et la tortue se tire la bourre ? Non y a que le lièvre qui court …

la volonté de paresse

Le marcheur est celui qui est lent, la tortue quoi. Le marcheur préconise ‘le droit à la lenteur’.
La vitesse de libération doit être celle-ci. Celle du temps. Le temps est infini dans sa lenteur.
Il est épais, étirable, profond. La lenteur me permet d’être au monde sans m’être étranger.
La lenteur me faire être à ce que je suis. Marcher ouvre les yeux. La perception est tout autre.
La perception a sa place, car elle a le temps.

nacho allegre
photo de nacho alegre

Le temps du regard, le temps de la perception, le temps pour soi.
Transformant ainsi le paysage en un vaste tableau immuable, où ne défile que quelques proximités. Chaque pas peut être une découverte. Transformant ainsi l’horizon en un oula-hop ralenti

oulahop - cerceau

suite > la marche : photo mobile