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Entries tagged as ‘precaire’

précarité[3]: le temps dans 1m2

avril 21, 2008 · Pas de commentaire


 ou le modèle d’une amnésie.

nous entassons toujours des tonnes de souvenirs, d’objets, de mémoires durant notre vie. Certain déménage pour s’agrandir, d’autres jettent pour avancer, et puis d’autres perdent, tout.
Dans la précarité il n’y a pas de place, y compris pour soi-même.

 

Assis sur une bouche d’aération la mémoire s’effrite, les repères s’estompent, la perte s’installe.
Avec comme une unique bouée d’une vie passée un sac. Et dans ce sac y à quoi ? Je ne sais pas.

 

 

Mais je me suis toujours demandé : parmis ce que j’ai s’il y a avait une chose que je devais garder ça serait quoi ? Bien sûr c’est une question de choix. Dans la précarité le choix n’est pas le filtre de ce qui reste. Ce qui reste est la nécessité. De toutes les manières comment penser une mémoire, l’entretien d’une mémoire, quand le repère géographique n’est plus, quand le repère civil n’existe plus, quand l’image de soi n’interroge plus, quand la mémoire se résume au m2 occupé.

Le temps dans 1 m2 c’est un temps qui s’effi-cloche (oh la belle faute frappe!). Le temps dans 1 m2, c’est le temps du précaire, de celui qui ne peut plus entretenir sa mémoire ou, qui fait de sa mémoire la seule activitée possible, continuellement. Etre précaire de son histoire.

 

L’oubli prend une forme de plus en plus petitement générale. le précaire ne se souvient pas. L’oubli devient son moteur. Le moteur qui ne s’intéresse qu’au présent, qu’à ce qui est appelé, ici et maintenant, qui ne cherche pas, qui prend pour argent comptant, qui a besoin d’amnésie pour avancer, pour fuire son histoire, pour être autre, qui se ment pour être présent.

Le précaire est celui qui accepte que le pouvoir est de celui qui ment, qui conforte, qui permet de ne pas penser, qui adouci, qui fait du présent la seule réalité, qui fait du passé un simple : oubliez moi de culturelle … qui fait se sentir là , toujours présent …
 

(à suivre)

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note pour une autonomie : l’effet de serre

mars 6, 2008 · Pas de commentaire

Prenons cet article comme une hypothèse même si elle est fausse.
Pour point de départ à ma réflexion je suis parti d’un article de loi sur l’emplacement de serre sur du non constructible :

ARTICLE R422-2 DU CODE DE L’URBANISME : PERMIS DE CONSTRUIRE ET EXCEPTIONS AU REGIME GENERAL


Sont exemptés du permis de construire sur l’ensemble du territoire :

l) Les châssis et serres dont la hauteur au-dessus du sol est supérieure à 1,50 mètre sans toutefois dépasser 4 mètres, et dont la surface hors oeuvre brute n’excède pas 2000 mètres carrés sur un même terrain ;

C’est en lisant cet article que je me suis posé la question sur l’habitat comme serre.
Ce qui remet en cause la construction de murs opaques, d’un monde du caché, d’un intérieur invisible, séparé du dehors. La serre comme intérieur d’harmonie, un extérieur en soi …

serre

Sans partir dans une vision futuriste.
Le présent donne des réponses et intègre le futur précaire dans sa réflexion. C’est ainsi que le musée de botanique de bordeaux (Françoise-Hélène Jourda)  nous offre une marche supplémentaire à cette hypothèse, et érige sa transparence en un joyau d’humili-manité.

musée botanique de bordeaux
Pour en savoir plus : http://www.jourda-architectes.com/architecture/bat_publics/bordeaux/projet.pdf

Certes cette construction s’adresse aux plantes. Qui s’est déjà promener dans une serre sait qu’il est difficile d’y respirer, l’air y est lourd. Mais en Afrique aussi ! Et les peuples n’en sont pas mort pour autant, la mort en ces pays vient d’ailleurs !

Mise à part, essayons d’envisager cette tournure en un projet plus proche. Des architectes se sont déjà posés la question. Sans partir dans des cathédrales de verre, des maisons se font serre vivable, maison vivante.

xavier fouquet - nantes
xavier fouquet - nantes

quand la maison se fait jardin - architecte Xavier Fouquet

Bien, mais imaginons que nous habitions une serre autonome d’un point de vue énergétique. Nous pourrions y jardiner bien sûr et par la même s’auto-nourrir. Mais quel serait ce monde où l’autonomie serait moteur. Quels nouveaux échanges jailliraient de cette autonomie ? Comment penser un monde sans échanges, où l’autonomie en serait l’économie ?

[à suivre ...]

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précarité ou l’accident en modèle

novembre 1, 2007 · Pas de commentaire

La météo a du pouvoir.
De même que les horoscopes, mais bon, j’y crois trop pour en parler. J’ai toujours peur du “c’est écrit”.
La météorologie reste une science de l’étude. Elle a ce pouvoir de nous informer sur notre lieu, et par conséquent de ce que l’on y fait.

cyclone mitch

A paris, à New York, à Tokyo s’il fait beau nous pourrons faire les vitrines, ou boire un café en terrasse. En Suisse, sur les Pyrénées, en Autriche, dans le Colorado, il y a une dépression? Nous irons skier … La météo organise nos loisirs. Mais aussi nos angoisses : tsunami (mot exotique pour raz de marée ), séisme (pour ne pas dire tremblement de terre), canicule (pour ne pas dire sécheresse).

La météo est aussi la science de l’accident. Même si pour nous le beau est signe de limpidité, de tranquilité, de oisiveté, pour les météorologue il peut être aussi lieu de l’accident : un été ensoleillé peut se transformer en canicule non ? Le beau peut devenir donc accident.

Asphalt Spot by R&Sie
Asphalt Spot by R&Sie
Asphalt Spot by R&Sie
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Dezeen Mag : Asphalt Spot by R&Sie

L’accident est ce qui fait qu’une ligne droite est déviée en un point. En dessin c’est ce qu’on appelle un repentir. C’est de l’accident que naît l’inattendu. La précarité du geste qui rend plausible le dessin, qui créée l’accident (sociale, humain, politique…). C’est la précarité au monde qui pose la condition première du lieu, de l’abris … Et ce qui naît de ma précarité n’en ai pas moins beau.

Paul Pouvreau - La cabane - 2003-2004
Paul Pouvreau - La cabane - 2003-2004
Paul Pouvreau - La cabane - 2003-2004

 

En Novembre 2003 Paul Virilio exposait un fragment de sa pensée
à La Fondation Cartier : “Ce qui arrive”

 

P.Virilio nous retrace l’histoire du XXeme siècle comme un siècle de grandes découvertes … découverte de l’accident … répété … d’accident à penser :

Ainsi, la reproduction sérielle des catastrophes les plus diverses est-elle devenue l’ombre portée des grandes découvertes, des grandes inventions techniques, et à moins d’accepter l’inacceptable, c’est-à-dire d’admettre que l’accident devienne automatique à son tour, l’urgence d’une « intelligence de la crise de l’intelligence » se fait jour en ce tout début du XXIe siècle…lire le texte de Virilio

accident Ina
voir l’exposition “le musée des accidents” deVirilio. Fondation Cartier 2003

Voilà peut être pourquoi artistes, architectes, penseurs se forment au précaire. Comme si l’histoire ( de l’art entre autre) était à la recherche de cette frontière intérieur : la faille, l’accident, comme phénomène générateur de beau, de progrès, d’avancées, de formes … de vie nouvelle. L’accident qui rend beau par repentir…

Gordon Matta-Clark

Gordon Matta-Clark Splitting: Four Corners 1974

à suivre :
précarité[2] : les artistes ont la forme

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