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Echafauder des étages [2]

mars 13, 2008 · Pas de commentaire

trompe l’oeil - echaffaudage - avenue george V Paris
trompe l’oeil - echaffaudage - avenue george V Paris
trompe l’oeil - echaffaudage - avenue george V Paris
photos ivan tozzi

note précédente : échafauder des étages [1]

L’échafaudage est le temps de la construction, du renouveau. C’est le temps mis en suspension, en attente, un entre deux, d’ossatures. Mis à nu il n’est autre qu’un corps agrippé à un autre. Il est un plus, un appendice au changement : comme des allumettes à mes yeux pour ne plus dormir.

Histoire de trompe l’œil pour ne pas fermer les yeux. Entre un avant et un après. C’est la mise en forme d’un processus.

le chien andalou - ouvrir l’oeil
le chien andalou

Comment penser-formaliser le faire ? Ce qui est en train, ce qui n’est pas fini.
Penser les choses comme tel ! Figurer l’esquisse d’un devenir comme étant le résultat : tout le problème du projet ! Le projet est ce qui va advenir. Mais n’est il pas en soi un ensemble de processus d’étapes fini ? Ne serait- il pas une construction de l’étude, de l’esquisse ?

Lorsque l’on met un morceaux de sucre dans l’eau, à quel moment fond-il ? C’est ce temps là que j’aimerai revêtir ou in-vêtir. Habiter un temps où la position de l’instant est juste ! Où le prétexte d’une fin permet d’éclairer chaque instant comme voulu. De rendre sensible le mouvement, de le ralentir à ce qu’il est, un nouveau différent du premier mais présent à chaque fois.

dessin solaire serge toussignant
dessin solaire serge toussignant

dessin solaire - serge toussignant

Prendre une pause. Faire de cette pause la réussite du projet. Et ainsi travailler sur les silences …

[à suivre]

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nomade pas si téléphoné [2]

janvier 7, 2008 · Un commentaire

suite de : nomade pas si téléphoné [1]

Nomade nous ouvre ainsi la brèche d’une pensée en mouvement : jamais posée, toujours en doute, en cause …

Comment vivre alors le mouvement ? Celui de l’information, celui de l’identité, de la figure ? Comment penser un monde qui se dépasse de lui-même : ce qui marche est déjà dépassé. Comment penser ce flux qui afflue sans filtre ? Le virtuel est un nomade qui se joue de nous ?

A tant de question, il n’est pas nécessaire de répondre. Ce qui pour moi est le plus important c’est de remettre en cause notre position. Celle qui nous fait être là, ici et maintenant. Traversé par ces mouvements incessants. Il n’y a qu’à voir les comportements de notre population suite à un sondage : des vagues entières changent de courant, pour rester dans le mouvement. Mais qui bouge, le train ou le voyageur ? Question de point de vue …

A l’heure ou nombre d’artistes et d’architectes pensent le nomade, le modulaire, le mouvement, il nous faut nous même se re-penser.

Re-load.

En quoi la notion de nomade nous touche ? Peut-être est-ce une notion qui doit ou devrait nous permettre de nous alléger. Par exemple parlons de l’identité : aujourd’hui sur Internet nous avons une identité enregistrée, étudiée, synthétisée, surveillée, prospectée … C’est pourquoi il ne nous reste plus rien à cacher. S’alléger donc.

Comme vu dans l’article précédent, où je présente mon bureau Netvibes, toutes les informations dont j’ai besoin (et même celles dont je ne lirai pas le contenu) sont accessible “si besoin” d’emblée, en un coup d’oeil, de façon frontale. Comment donc penser notre réalité dans ce sens. Comment envisager mon habitat, mon lieu ; comme un espace frontal où tout est accessible d’emblée si besoin :

habitat mobile (brouillon d’une vieille note à ré-écrire)
qu’est-ce qu’un modele d’espace vivable ?
sortir de l’architecture et entrer dans le quotidien des rencontres ?
Pour ma part je ne sais jamais si je dois mettre ce que j’utilise le plus devant moi parce que je ne sais jamais si je vais plus utiliser cet objet que celui qui est juste derriere celui ci… en gros est-ce que je dois mettre ma brosse à dent dans le même gobelet que mon rasoir ou est ce que je dois mettre frontalement l’huile d’olive, le vinaigre, le sel, le poivre, l’ail, les herbes au même niveau pour faire la cuisine. L’espace et son organisation implique obligatoirement une classification d’ordre prioritaire et par conséquent minimaliste dans le geste (pour ne pas dire paresseux). La difficultée est de mettre un ordre de priorité. Souvent quand je rentre chez moi j’ai tellement envie d’aller aux toilettes que j’aimerai qu’il soit tout de suite accessible, et en meme temps j’aime poser ma veste et mon sac avant, alors, faut il un placard intermédiare (car je sais pertinement que je ne remettrai pas cette veste demain donc je la range - voilà pourquoi je n’ai pas parlé de porte manteau hein, vous me suivez ) ? Et pourtant dés fois quand je rentre chez moi j’aime lire mon courrier, ou tout autre chose… Alors Comment organiser l’architecture de son quotidien si ce n’est de le penser en mouvement ?

meubles de pensées issus d’un assemblage encombrant - design matin
source image Design matin : « L’absence d’encombrement procure de l’espace pour penser »

Se délester : l’allègement comme construction de soi

Il faut savoir que tout ce que nous sauvegardons, nos données, importantes ou pas, affectives ou pas, sensibles ou pas, ne sont pas pour autant en sureté. J’ai eu la fâcheuse expérience de perdre toutes mes données sur mon ordinateur de travail, et ce plusieurs fois. Au début c’est dur, on mise tellement là-dessus, et puis après on s’y fait. L’important est ailleurs. L’important est notre mémoire. La nôtre, celle que nous cultivons, celle qui n’a pas de prise, celle qui n’a pas de forme, qui est au-delà du virtuel. C’est cette mémoire qu’il faut sauvegarder, en nous.

disquette

De même qu’à force de déménager, je me suis allégé. A force de porter des cartons de bouquins jamais relus, à force de garder des reliques de souvenirs … J’ai décidé de donner, de jeter, enfin, de me débarrasser, de m’alléger. Pour découvrir que d’autres chemins s’annoncent, d’autres possibles.

Il reste difficile de penser l’architecture autrement qu’en projet. Comment imaginer un habitat qui s’adapte aux chemins que vous empruntez ? Comment concevoir une structure non-finie, non projetable, hors projet ? Comment concevoir l’habitat comme une esquisse, sans cesse remise en cause, jusqu’à ce que le projet ne soit que le résultat après coup. Comme un inframince tendu invisible que l’on arpente.

Aujourd’hui dans une moindre mesure, j’évite d’acheter. Je construis mes meubles. Fonctionnel, nécessaire … Si je les perds, peu importe, ils n’ont pas la valeur de l’achat, je ne me sentirai pas démuni. J’en referai d’autres, autrement, en m’allégeant encore plus dans leur conception et leur fabrication.

Il y a des marques que je consulte comme un cahier de tendance, sorte de musée du design populaire revisité mais que je me refuse j’évite à en être le consommateur : Prenons Habitat, regardez comment ils ont réussi à réintégrer le minimalisme comme esthétique du luxe. Regarder comment Ikéa vend le fait de construire votre meuble vous-même.

foldschool - meuble à télécharger

Ce que j’aime, ce qui m’interpelle chez les Nomades, c’est leur principe de campement :
Un mobilier est pensé dans son mouvement, il faudra le démonter, le ranger pour un prochain voyage, avec un poids supportable, mais qu’il ait aussi une histoire… celle de sa spécificité, de sa nécessité élevée au rang de celui qui : reste, utile, et pas moins beau…

L’espoir d’une disponibilité

Recentrer ses besoins, ses nécessités, ses accessoires, nous offre une disponibilité bien plus importante.

[à suivre]

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nomade pas si téléphoné [1]

décembre 17, 2007 · Pas de commentaire

google hearth

Les peuples nomades parcourent le monde, le leur. Les nomades ne s’aventurent pas dans l’inconnu. Ils ne sont pas dans l’errance. Ils naviguent dans leur propre réseau, sur des chemins dessinés par leur père. Les touaregs s’orientent dans le désert aussi facilement qu’un métro-boulot-dodo. Car leur route est leur culture. Très loin de la découverte des promenades.

Le nomadisme est pro

Après un zoom sexy à la Google Earth nous re-voici en zone urbaine, en mégalopole. Nomade aujourd’hui n’est plus le fait d’être dans le mouvement, même si l’apparence est trompeuse. Nomade aujourd’hui n’est pas dans le déplacement de soi : Je ne change pas de lieu pour dormir, me nourrir, cueillir. Je ne campe pas, je ne suis pas assujetti au temps, et à tant d’autre.

immeuble barre

immeuble barre

Et pourtant nous sommes une culture qui évoque sans cesse le nomadisme, la mobilité, le portable …
Je ne suis pas sûr qu’internet et mon téléphone portable m’ont fait déménager bien plus loin ces 10 dernières années. Non je n’ai pas bougé, pas plus que ça. Je n’ai fais que préciser ma position. Pourquoi ? parce que c’est l’information qui est venue à moi. Seule l’information est devenue mobile. Et peut-être nomade …

netvibes

> outils netvibes composition du mon bureau en ligne de Flux Rss

 

Aujourd’hui le nomadisme nous facsine tout autant qu’il nous angoisse : l’immigration, la mise à l’écart, les sdf. Prenons le SDF : Sans Domicile Fixe. Comme son n.o.m l’indique il devrait être le garant d’une mobilité et d’un nomadisme constant, signe d’une modernité hyper technologique, non? Et bien la réalité est d’un autre ordre. Le SDF (sauf dimanche et férié) a un territoire très restreint. Restreint à son manque de repère, sa perte de temporalité, de spatialité, il est non-fixe par contraire, contraire à l’ordre, à ce qui ne bouge pas, bref. Il est impossible de donner un rendez vous à un SDF. Il faut lui rendre visite. Demain gare de l’est ! ok j’y serai ! j’y suis toujours … Le SDF ne voyage pas ! Il est bloqué là. Parce qu’il est sans norme fixe, sans règle fixe. Il est hors mouvement.

installation anti-sdf

installation anti-sdf photo tirée du blog remue.net : Lire l’article.

On a tous notre SDF dans notre quartier, regardez bien à la sortie du Monoprix, de la banque (j’ai jamais compris pourquoi ils choisissaient cet endroit, tu t’es vu donner un billet de 20 euros toi?), de la boulangerie, pour les petites pièces.

Bref, nous, nous sommes des SDF de l’information. Sur le discours de la mobilité, nous sommes assis de plus en plus le cul sur notre chaise nous connectant aux informations qui voudront bien venir jusqu’à nous : World Wide Web. L’info est un flux et nous sommes un cul, posé là, vraiment pas nomade.

suite : nomade pas si téléphoné [2]

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