suite de : nomade pas si téléphoné [1]
Nomade nous ouvre ainsi la brèche d’une pensée en mouvement : jamais posée, toujours en doute, en cause …
Comment vivre alors le mouvement ? Celui de l’information, celui de l’identité, de la figure ? Comment penser un monde qui se dépasse de lui-même : ce qui marche est déjà dépassé. Comment penser ce flux qui afflue sans filtre ? Le virtuel est un nomade qui se joue de nous ?
A tant de question, il n’est pas nécessaire de répondre. Ce qui pour moi est le plus important c’est de remettre en cause notre position. Celle qui nous fait être là, ici et maintenant. Traversé par ces mouvements incessants. Il n’y a qu’à voir les comportements de notre population suite à un sondage : des vagues entières changent de courant, pour rester dans le mouvement. Mais qui bouge, le train ou le voyageur ? Question de point de vue …
A l’heure ou nombre d’artistes et d’architectes pensent le nomade, le modulaire, le mouvement, il nous faut nous même se re-penser.
Re-load.
En quoi la notion de nomade nous touche ? Peut-être est-ce une notion qui doit ou devrait nous permettre de nous alléger. Par exemple parlons de l’identité : aujourd’hui sur Internet nous avons une identité enregistrée, étudiée, synthétisée, surveillée, prospectée … C’est pourquoi il ne nous reste plus rien à cacher. S’alléger donc.
Comme vu dans l’article précédent, où je présente mon bureau Netvibes, toutes les informations dont j’ai besoin (et même celles dont je ne lirai pas le contenu) sont accessible “si besoin” d’emblée, en un coup d’oeil, de façon frontale. Comment donc penser notre réalité dans ce sens. Comment envisager mon habitat, mon lieu ; comme un espace frontal où tout est accessible d’emblée si besoin :
habitat mobile (brouillon d’une vieille note à ré-écrire)
qu’est-ce qu’un modele d’espace vivable ?
sortir de l’architecture et entrer dans le quotidien des rencontres ?
Pour ma part je ne sais jamais si je dois mettre ce que j’utilise le plus devant moi parce que je ne sais jamais si je vais plus utiliser cet objet que celui qui est juste derriere celui ci… en gros est-ce que je dois mettre ma brosse à dent dans le même gobelet que mon rasoir ou est ce que je dois mettre frontalement l’huile d’olive, le vinaigre, le sel, le poivre, l’ail, les herbes au même niveau pour faire la cuisine. L’espace et son organisation implique obligatoirement une classification d’ordre prioritaire et par conséquent minimaliste dans le geste (pour ne pas dire paresseux). La difficultée est de mettre un ordre de priorité. Souvent quand je rentre chez moi j’ai tellement envie d’aller aux toilettes que j’aimerai qu’il soit tout de suite accessible, et en meme temps j’aime poser ma veste et mon sac avant, alors, faut il un placard intermédiare (car je sais pertinement que je ne remettrai pas cette veste demain donc je la range - voilà pourquoi je n’ai pas parlé de porte manteau hein, vous me suivez ) ? Et pourtant dés fois quand je rentre chez moi j’aime lire mon courrier, ou tout autre chose… Alors Comment organiser l’architecture de son quotidien si ce n’est de le penser en mouvement ?

source image Design matin : « L’absence d’encombrement procure de l’espace pour penser »
Se délester : l’allègement comme construction de soi
Il faut savoir que tout ce que nous sauvegardons, nos données, importantes ou pas, affectives ou pas, sensibles ou pas, ne sont pas pour autant en sureté. J’ai eu la fâcheuse expérience de perdre toutes mes données sur mon ordinateur de travail, et ce plusieurs fois. Au début c’est dur, on mise tellement là-dessus, et puis après on s’y fait. L’important est ailleurs. L’important est notre mémoire. La nôtre, celle que nous cultivons, celle qui n’a pas de prise, celle qui n’a pas de forme, qui est au-delà du virtuel. C’est cette mémoire qu’il faut sauvegarder, en nous.

De même qu’à force de déménager, je me suis allégé. A force de porter des cartons de bouquins jamais relus, à force de garder des reliques de souvenirs … J’ai décidé de donner, de jeter, enfin, de me débarrasser, de m’alléger. Pour découvrir que d’autres chemins s’annoncent, d’autres possibles.
Il reste difficile de penser l’architecture autrement qu’en projet. Comment imaginer un habitat qui s’adapte aux chemins que vous empruntez ? Comment concevoir une structure non-finie, non projetable, hors projet ? Comment concevoir l’habitat comme une esquisse, sans cesse remise en cause, jusqu’à ce que le projet ne soit que le résultat après coup. Comme un inframince tendu invisible que l’on arpente.
Aujourd’hui dans une moindre mesure, j’évite d’acheter. Je construis mes meubles. Fonctionnel, nécessaire … Si je les perds, peu importe, ils n’ont pas la valeur de l’achat, je ne me sentirai pas démuni. J’en referai d’autres, autrement, en m’allégeant encore plus dans leur conception et leur fabrication.
Il y a des marques que je consulte comme un cahier de tendance, sorte de musée du design populaire revisité mais que je me refuse j’évite à en être le consommateur : Prenons Habitat, regardez comment ils ont réussi à réintégrer le minimalisme comme esthétique du luxe. Regarder comment Ikéa vend le fait de construire votre meuble vous-même.

Ce que j’aime, ce qui m’interpelle chez les Nomades, c’est leur principe de campement :
Un mobilier est pensé dans son mouvement, il faudra le démonter, le ranger pour un prochain voyage, avec un poids supportable, mais qu’il ait aussi une histoire… celle de sa spécificité, de sa nécessité élevée au rang de celui qui : reste, utile, et pas moins beau…
L’espoir d’une disponibilité
Recentrer ses besoins, ses nécessités, ses accessoires, nous offre une disponibilité bien plus importante.
[à suivre]

1 response so far ↓
Marc // janvier 15, 2008 à 12:57
Aller aux toilettes, poser sa veste, enlever ses chaussures, boire un grand verre d’eau, se laver les mains… tout ça dés que rentre dans un ordre différent selon le jour !… on y est à la maison mouvement. Toilettes, placard, lavabo, frigo… en libre mouvement dans mon chez moi, ça risque d’être le bordel… (chérie, t’aurais pas vu passer la chambre à coucher ?) ! Plutôt que la maison en mouvement (interne), pourquoi pas être soi même en mouvement autour et dans 1000 “chez-moi” différents !
Ils n’auraient pas 10 ans d’avance les nomades des fois (vue que c’est plus les américains) ?
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