____________________________ mobilo me*

Entrée de janvier 2008

la marche : une politique de pied

janvier 15, 2008 · Laisser un commentaire

“La trajectoire est la ligne décrite par n’importe quel point d’un objet en mouvement, et notamment par son centre de gravité.” [wikipedia]


Qui n’a jamais cherché le terme d’un chemin ?
On connaît le point de départ, mais rarement le point d’arrivée. Pour le marcheur il n’y a pas de point B. Le point But n’est que la chute qu’on lui donne : Je n’irai pas plus loin, je suis bien là.

J’ai toujours, été frustré, de me rendre compte que je ne pouvais pas marcher jusqu’au but que je m’étais fixer, sans en faire ma vie. Et c’est bien ça, en faire sa vie. Le bout du sentier, à l’ombre des arbres, à l’horizon, vers des sommets, derrière des océans d’imaginaire, c’est là que les pas s’enchaînent sans percer le mystère.

Le mystère est en nous, l’horizon c’est nous, le but est la marche : se sentir vibrer, malmener, chahuter, secouer, rythmer par la marche.

John Muir - Quinze cents kilomètres à pied- ed José Corti

St Jacque de Compostelle – La Mecque

La marche a toujours été un mouvement vers soi. Une étape au recueillement. La projection de soi en soi. Un retour. Un mouvement concentrique. Les pèlerins l’ont bien compris. Que cela soit Saint Jacques de Compostelle ou La Mecque, la marche fait partie de ce dénuement là, où le marcheur est identique à l’autre comme ses pieds.

purification

La vitesse d’accélération d’aujourd’hui transforme notre Pèlerin en un Forest Gump agité.
Rien qu’à voir notre Forest National qui montre sa contemporanéité par le jogging ! Mr Sarkozy à fait de la course un mode politique. Contrairement au vrai Forest Gump, celui ci est bien plus agité. Forest lui coure pour ne plus accepter un monde violent, absurde… et traverse les Etats Unis pour se retrouver. Il coure pour ne pas se dire qu’il pense.

forest gumpjogging sarkozy

Notre bipbip le coyote national a bien compris, la course est politique. Il sait que pour ses opposants c’est la marche. Comme on a pu le voir ‘la marche pour la décroissance’ est aux antipodes. Préconisant aisni la lenteur, le recul, la décroissance, et place son mouvement autrement sur les chemins de l’avenir. Le lièvre et la tortue se tire la bourre ? Non y a que le lièvre qui court …

la volonté de paresse

Le marcheur est celui qui est lent, la tortue quoi. Le marcheur préconise ‘le droit à la lenteur’.
La vitesse de libération doit être celle-ci. Celle du temps. Le temps est infini dans sa lenteur.
Il est épais, étirable, profond. La lenteur me permet d’être au monde sans m’être étranger.
La lenteur me faire être à ce que je suis. Marcher ouvre les yeux. La perception est tout autre.
La perception a sa place, car elle a le temps.

nacho allegre
photo de nacho alegre

Le temps du regard, le temps de la perception, le temps pour soi.
Transformant ainsi le paysage en un vaste tableau immuable, où ne défile que quelques proximités. Chaque pas peut être une découverte. Transformant ainsi l’horizon en un oula-hop ralenti

oulahop - cerceau

suite > la marche : photo mobile

Catégories : référence
Tagué : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

nomade pas si téléphoné [2]

janvier 7, 2008 · Un commentaire

suite de : nomade pas si téléphoné [1]

Nomade nous ouvre ainsi la brèche d’une pensée en mouvement : jamais posée, toujours en doute, en cause …

Comment vivre alors le mouvement ? Celui de l’information, celui de l’identité, de la figure ? Comment penser un monde qui se dépasse de lui-même : ce qui marche est déjà dépassé. Comment penser ce flux qui afflue sans filtre ? Le virtuel est un nomade qui se joue de nous ?

A tant de question, il n’est pas nécessaire de répondre. Ce qui pour moi est le plus important c’est de remettre en cause notre position. Celle qui nous fait être là, ici et maintenant. Traversé par ces mouvements incessants. Il n’y a qu’à voir les comportements de notre population suite à un sondage : des vagues entières changent de courant, pour rester dans le mouvement. Mais qui bouge, le train ou le voyageur ? Question de point de vue …

A l’heure ou nombre d’artistes et d’architectes pensent le nomade, le modulaire, le mouvement, il nous faut nous même se re-penser.

Re-load.

En quoi la notion de nomade nous touche ? Peut-être est-ce une notion qui doit ou devrait nous permettre de nous alléger. Par exemple parlons de l’identité : aujourd’hui sur Internet nous avons une identité enregistrée, étudiée, synthétisée, surveillée, prospectée … C’est pourquoi il ne nous reste plus rien à cacher. S’alléger donc.

Comme vu dans l’article précédent, où je présente mon bureau Netvibes, toutes les informations dont j’ai besoin (et même celles dont je ne lirai pas le contenu) sont accessible “si besoin” d’emblée, en un coup d’oeil, de façon frontale. Comment donc penser notre réalité dans ce sens. Comment envisager mon habitat, mon lieu ; comme un espace frontal où tout est accessible d’emblée si besoin :

habitat mobile (brouillon d’une vieille note à ré-écrire)
qu’est-ce qu’un modele d’espace vivable ?
sortir de l’architecture et entrer dans le quotidien des rencontres ?
Pour ma part je ne sais jamais si je dois mettre ce que j’utilise le plus devant moi parce que je ne sais jamais si je vais plus utiliser cet objet que celui qui est juste derriere celui ci… en gros est-ce que je dois mettre ma brosse à dent dans le même gobelet que mon rasoir ou est ce que je dois mettre frontalement l’huile d’olive, le vinaigre, le sel, le poivre, l’ail, les herbes au même niveau pour faire la cuisine. L’espace et son organisation implique obligatoirement une classification d’ordre prioritaire et par conséquent minimaliste dans le geste (pour ne pas dire paresseux). La difficultée est de mettre un ordre de priorité. Souvent quand je rentre chez moi j’ai tellement envie d’aller aux toilettes que j’aimerai qu’il soit tout de suite accessible, et en meme temps j’aime poser ma veste et mon sac avant, alors, faut il un placard intermédiare (car je sais pertinement que je ne remettrai pas cette veste demain donc je la range – voilà pourquoi je n’ai pas parlé de porte manteau hein, vous me suivez ) ? Et pourtant dés fois quand je rentre chez moi j’aime lire mon courrier, ou tout autre chose… Alors Comment organiser l’architecture de son quotidien si ce n’est de le penser en mouvement ?

meubles de pensées issus d’un assemblage encombrant - design matin
source image Design matin : « L’absence d’encombrement procure de l’espace pour penser »

Se délester : l’allègement comme construction de soi

Il faut savoir que tout ce que nous sauvegardons, nos données, importantes ou pas, affectives ou pas, sensibles ou pas, ne sont pas pour autant en sureté. J’ai eu la fâcheuse expérience de perdre toutes mes données sur mon ordinateur de travail, et ce plusieurs fois. Au début c’est dur, on mise tellement là-dessus, et puis après on s’y fait. L’important est ailleurs. L’important est notre mémoire. La nôtre, celle que nous cultivons, celle qui n’a pas de prise, celle qui n’a pas de forme, qui est au-delà du virtuel. C’est cette mémoire qu’il faut sauvegarder, en nous.

disquette

De même qu’à force de déménager, je me suis allégé. A force de porter des cartons de bouquins jamais relus, à force de garder des reliques de souvenirs … J’ai décidé de donner, de jeter, enfin, de me débarrasser, de m’alléger. Pour découvrir que d’autres chemins s’annoncent, d’autres possibles.

Il reste difficile de penser l’architecture autrement qu’en projet. Comment imaginer un habitat qui s’adapte aux chemins que vous empruntez ? Comment concevoir une structure non-finie, non projetable, hors projet ? Comment concevoir l’habitat comme une esquisse, sans cesse remise en cause, jusqu’à ce que le projet ne soit que le résultat après coup. Comme un inframince tendu invisible que l’on arpente.

Aujourd’hui dans une moindre mesure, j’évite d’acheter. Je construis mes meubles. Fonctionnel, nécessaire … Si je les perds, peu importe, ils n’ont pas la valeur de l’achat, je ne me sentirai pas démuni. J’en referai d’autres, autrement, en m’allégeant encore plus dans leur conception et leur fabrication.

Il y a des marques que je consulte comme un cahier de tendance, sorte de musée du design populaire revisité mais que je me refuse j’évite à en être le consommateur : Prenons Habitat, regardez comment ils ont réussi à réintégrer le minimalisme comme esthétique du luxe. Regarder comment Ikéa vend le fait de construire votre meuble vous-même.

foldschool - meuble à télécharger

Ce que j’aime, ce qui m’interpelle chez les Nomades, c’est leur principe de campement :
Un mobilier est pensé dans son mouvement, il faudra le démonter, le ranger pour un prochain voyage, avec un poids supportable, mais qu’il ait aussi une histoire… celle de sa spécificité, de sa nécessité élevée au rang de celui qui : reste, utile, et pas moins beau…

L’espoir d’une disponibilité

Recentrer ses besoins, ses nécessités, ses accessoires, nous offre une disponibilité bien plus importante.

[à suivre]

Catégories : modulaire · référence
Tagué : , , , , , , , , , , , , , , , ,

la volonté de paresse

janvier 2, 2008 · Un commentaire

la volonté de paresse

> en vente sur lekti-ecriture.com

La paresse est jouissance de soi ou n’est pas. N’espérez pas qu’elle vous soit accordée par vos maîtres ou par leurs dieux. On y vient comme l’enfant par une naturelle inclination à chercher le plaisir et à tourner ce qui le contrarie. C’est une simplicité que l’âge adulte excelle à compliquer. (extrait du texte de Raoul Vaneigem)

Ce receuil de texte sur le droit à la paresse trouve se place dans un monde où l’amnésie conduit les peuples à s’auto aliéner on trouve quelques notions interessantes à nos reflexions.
Notament sur la notion de temps mort. Le temps mort est celui qui nous est accordé lorsqu’on ne travaille pas. Et pourtant c’est le temps que l’on retrouve, libéré, et non mort. Rien que cette notion de temps mort pourrait faire l’objet d’un billet. Comme le concept de vacance, qui veut dire vaccant, vide. Les vacances sont du temps vide. Hors combien ce temps nous remplit, comme il est plein! Il est étrange comme notre civilisation a fait du travail le mettre étalon de la liberté, en inversant les sens, et nous culpabilisé du temps libre.

Une autre perle d’actualité, que l’on trouve dans le texte de Paul Lafargue :
(…) Devant la comission de 1860 sur l’enseignement professionnel, un des plus grands manufacturiers de l’Alsace, M.Bourcart, de Guebwiller, déclarait :
“Que la journée de douze heures était excessive et devait être ramenée à onze heures, que l’on devait suspendre le travail à deux heures le samedi. Je puis conseiller l’adoption de cette mesure quoiqu’elle paresse onéreuse à première vue; nous l’avons expérimentée dans nos établissements industriels depuis quatre ans et nous nous en trouvons bien, et la production moyenne, loin d’avoir diminué, a augmenté” (…) la lettre suivante d’un grand industriel belge, M. M. Ottoavaere : “Nous travaillons tous deux grandes heures de trop; j’ai la conviction que si l’on ne travallait que onze heures au lieu de treize, nous aurions la même production et produirions par conséquent plus économique”.

> le droit à la paresse . P.Lafargue 
> à écouter le texte en mp3 pour les paresseux ;-)

Bonne lecture

Catégories : livres magazines · référence
Tagué : , , , , , , , , ,