Entries from décembre 2007

Les peuples nomades parcourent le monde, le leur. Les nomades ne s’aventurent pas dans l’inconnu. Ils ne sont pas dans l’errance. Ils naviguent dans leur propre réseau, sur des chemins dessinés par leur père. Les touaregs s’orientent dans le désert aussi facilement qu’un métro-boulot-dodo. Car leur route est leur culture. Très loin de la découverte des promenades.

Après un zoom sexy à la Google Earth nous re-voici en zone urbaine, en mégalopole. Nomade aujourd’hui n’est plus le fait d’être dans le mouvement, même si l’apparence est trompeuse. Nomade aujourd’hui n’est pas dans le déplacement de soi : Je ne change pas de lieu pour dormir, me nourrir, cueillir. Je ne campe pas, je ne suis pas assujetti au temps, et à tant d’autre.


Et pourtant nous sommes une culture qui évoque sans cesse le nomadisme, la mobilité, le portable …
Je ne suis pas sûr qu’internet et mon téléphone portable m’ont fait déménager bien plus loin ces 10 dernières années. Non je n’ai pas bougé, pas plus que ça. Je n’ai fais que préciser ma position. Pourquoi ? parce que c’est l’information qui est venue à moi. Seule l’information est devenue mobile. Et peut-être nomade …

> outils netvibes composition du mon bureau en ligne de Flux Rss
Aujourd’hui le nomadisme nous facsine tout autant qu’il nous angoisse : l’immigration, la mise à l’écart, les sdf. Prenons le SDF : Sans Domicile Fixe. Comme son n.o.m l’indique il devrait être le garant d’une mobilité et d’un nomadisme constant, signe d’une modernité hyper technologique, non? Et bien la réalité est d’un autre ordre. Le SDF (sauf dimanche et férié) a un territoire très restreint. Restreint à son manque de repère, sa perte de temporalité, de spatialité, il est non-fixe par contraire, contraire à l’ordre, à ce qui ne bouge pas, bref. Il est impossible de donner un rendez vous à un SDF. Il faut lui rendre visite. Demain gare de l’est ! ok j’y serai ! j’y suis toujours … Le SDF ne voyage pas ! Il est bloqué là. Parce qu’il est sans norme fixe, sans règle fixe. Il est hors mouvement.

installation anti-sdf photo tirée du blog remue.net : Lire l’article.
On a tous notre SDF dans notre quartier, regardez bien à la sortie du Monoprix, de la banque (j’ai jamais compris pourquoi ils choisissaient cet endroit, tu t’es vu donner un billet de 20 euros toi?), de la boulangerie, pour les petites pièces.
Bref, nous, nous sommes des SDF de l’information. Sur le discours de la mobilité, nous sommes assis de plus en plus le cul sur notre chaise nous connectant aux informations qui voudront bien venir jusqu’à nous : World Wide Web. L’info est un flux et nous sommes un cul, posé là, vraiment pas nomade.
suite : nomade pas si téléphoné [2]
Catégories : modulaire · référence
Tagged: construction, réseau, nomade, errance, sdf, mouvement, netvibes, portable, internet, desert, flux, rss, google earth, google, earth
Je vous ferai part de quelques résultats du pouvoir de non achat, ou comment ne pas faire grand chose pour se sentir riche. Comment penser l’économie du geste, de la dépense … ou comment s’enrichir pour de vrai.
Voici donc quelques photos prisent sur une de mes économies à la maison.




Comme quoi une boule à facettes posée comme un fruit près d’une fenêtre peu amener la fête à la maison. Murie au rayon du soleil elle embellit notre pièce commune, projetant des milliers d’étoiles de jour. La lumière naturelle nous délivre ses secrets. Et ça sans effort, ni énergie …
Je vous montrerai la prochaine fois comment j’ai réglé mes arrêts de porte par des montagnes. (à suivre donc ces bricolages de rien)
Catégories : projet
Tagged: achat, économie, bricolage, dépense, enrichir, maison, naturel, pouvoir, soleil
Dans la suite de précarité ou l’accident d’un modèle j’ai choisi de vous parler de luxe. Oui ce luxe qui permet à des gens comme moi de penser la précarité sans grand risque. Certains ont décidé de la placer sous le thème de l’humour, de la dérision, du cynisme, pour mieux nous montrer certaines absurdités. Nous mettre le doigt dans l’oeil.
Michael Rakowitz :



J’adore
Autre point de vue
Même si l’artiste ci-dessous ne travaille pas sur l’habitat précaire, je prend le parti de présenter une pièce qui évoque pour moi l’accident et la précarité comme une solution à l’espace :
Topographie - Laurent Perbos



“Même si l’on peut retrouver des vestiges d’anciens processus formels, par exemple une déclinaison de la table de ping-pong ou du terrain de tennis, la forme s’ouvre sur un paysage qui détermine une sorte de vallon. Le regard peut se promener sur les courbes de niveaux de cette topographie, des pieds du visiteur jusqu’à la hauteur des yeux. Pour l’artiste, c’est le dessus de la structure qui est la base de la proposition.
Cette topographie n’est ni une maquette à grande Èchelle, ni la représentation d’un espace,
c’est vraiment un espace qui est déplacé.”
Lise guéhénneux.
Avec des formes et matériaux simples nous pouvons envisager des réponses poètiques, qui enrichissent l’homme, surtout le plus faible. Que le luxe n’est pas la matière mais la façon d’envisager son espace et son être. Comment penser l’habitat sans penser l’environnement.
-Mon luxe à moi : anecdote

origine de la photo : bout de papier
Lorsque j’étais étudiant, ben j’avais pas de moyen, ça va de soi. Quelques jours sans un kopeck ça change la donne. J’habitais une petite chambre à St Michel en plein coeur de Paris (merci encore à cette propriétaire qui avait bien compris le sens d’équitable avant la lettre). Je faisais la vaisselle dans ma douche, le reste était pris par mon lit. Bref une chambre d’étudiant plein les dents. Tout ça pour dire, que mon habitat n’était pas circonscrit à ces quelques mètres carrés bien sûr, mais bien au-delà. Mon luxe était d’avoir tout le quartier pour moi. J’étais bien plus riche que la voisine du dessous avec ces 100 mètres carrés. Mes petits déjeuners je les prenais dehors sur le bord de Seine face à Notre Dame (viennoiserie toute fraîche de la boulangerie, et café à emporté du bistro d’à côté). J’avais la plus belle cuisine du monde. Le soir je pouvais inviter autant de gens que je voulais à mes apéros sur le bord de l’eau. Sous le coucher du soleil mon salon était dés plus spacieux, l’écran était géant. L’après midi je faisais la sieste sous l’arbre le plus vieux de Paris (square de Saint Julien le Pauvre), quel luxe d’avoir un jardin en plein paris. Les peu de mètres carré de ma chambre s’étaient transformés en un quartier aux pièces uniques. J’étais heureux de ma précarité, parce que mon habitat était un environnement territoire.
Voilà maintenant que nous y sommes : l’espace commence dedans. Et c’est dans ce dénuement que l’on peut s’habiter. Le dénuement n’est pas nécessairement la pauvreté, qui est une précarité non voulue, qui n’est surtout pas une économie, comme certain le laisse penser. Je parle ici du luxe de la précarité, celui qui fait grandir, qui élargit notre propre horizon et pas celui qui nous fait raleur. Mais bien celui qui nous ramène à l’enfance, au rire et à la rêverie. Ce luxe qui nous permet de voyager sans bouger.
Boris Achour nous donne quelques pistes d’amusement.
Sommes-1999

Voilà donc des pistes pour s’alléger … à suivre
Catégories : référence
Tagged: accident, économie, boris achour, environement, espace, habitat, humour, laurent perbos, luxe, michael rakowitz, modèle, piste, précarité, rêverie