La météo a du pouvoir.
De même que les horoscopes, mais bon, j’y crois trop pour en parler. J’ai toujours peur du “c’est écrit”.
La météorologie reste une science de l’étude. Elle a ce pouvoir de nous informer sur notre lieu, et par conséquent de ce que l’on y fait.

A paris, à New York, à Tokyo s’il fait beau nous pourrons faire les vitrines, ou boire un café en terrasse. En Suisse, sur les Pyrénées, en Autriche, dans le Colorado, il y a une dépression? Nous irons skier … La météo organise nos loisirs. Mais aussi nos angoisses : tsunami (mot exotique pour raz de marée ), séisme (pour ne pas dire tremblement de terre), canicule (pour ne pas dire sécheresse).
La météo est aussi la science de l’accident. Même si pour nous le beau est signe de limpidité, de tranquilité, de oisiveté, pour les météorologue il peut être aussi lieu de l’accident : un été ensoleillé peut se transformer en canicule non ? Le beau peut devenir donc accident.




Dezeen Mag : Asphalt Spot by R&Sie
L’accident est ce qui fait qu’une ligne droite est déviée en un point. En dessin c’est ce qu’on appelle un repentir. C’est de l’accident que naît l’inattendu. La précarité du geste qui rend plausible le dessin, qui créée l’accident (sociale, humain, politique…). C’est la précarité au monde qui pose la condition première du lieu, de l’abris … Et ce qui naît de ma précarité n’en ai pas moins beau.


Paul Pouvreau – La cabane – 2003-2004
En Novembre 2003 Paul Virilio exposait un fragment de sa pensée
à La Fondation Cartier : “Ce qui arrive”
P.Virilio nous retrace l’histoire du XXeme siècle comme un siècle de grandes découvertes … découverte de l’accident … répété … d’accident à penser :
“Ainsi, la reproduction sérielle des catastrophes les plus diverses est-elle devenue l’ombre portée des grandes découvertes, des grandes inventions techniques, et à moins d’accepter l’inacceptable, c’est-à-dire d’admettre que l’accident devienne automatique à son tour, l’urgence d’une « intelligence de la crise de l’intelligence » se fait jour en ce tout début du XXIe siècle…” lire le texte de Virilio

voir l’exposition “le musée des accidents” deVirilio. Fondation Cartier 2003
Voilà peut être pourquoi artistes, architectes, penseurs se forment au précaire. Comme si l’histoire ( de l’art entre autre) était à la recherche de cette frontière intérieur : la faille, l’accident, comme phénomène générateur de beau, de progrès, d’avancées, de formes … de vie nouvelle. L’accident qui rend beau par repentir…

Gordon Matta-Clark Splitting: Four Corners 1974
à suivre :
précarité[2] : les artistes ont la forme
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