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Entries from novembre 2007

la tente à tata ou l’abris tas d’idéal

novembre 9, 2007 · Un commentaire

petit travail sur la tente comme modèle de maison

Vous avez sûrement tous connus ces tentes familiales. Celles qui ressemblent comme deux gouttes d’eau aux pavillons de banlieue. Manque plus que les géraniums aux fenêtres en plastique.

tente familiale
>> voir le site d’ALS camping

>> voir sur Ebay

Bref un monde de Playmobile. Où rien ne dépasse : non pas comme une économie nécessaire, un minimal de vie. Mais rien ne dépasse comme il faut : que ce soit propre et ordonné s’il vous plaît!

Ah les playmobiles ! Vous savez ces petits humains en plastiques (comme les géraniums de la tente à tata) qui ont du mal à se serrer dans les bras, tout raide qu’ils sont aux mains de pinces, sorte de clone social pour enfants. Même si j’y ai joué comme tout le monde. En regardant de plus prêt, ils sont un peu débiles ces playmo. Dans playmobile y a … je plaisante. En tout cas il y a mobile. Et pourtant ils n’ont rien de mobile, il ne peuvent pas marcher, ils ne peuvent que sauter, les 2 jambes en même temps comme des lapins, et se reproduisent à grand frais dans la chambre du bambin, comme des lapins …

Et ben le lapin il a un terrier et ce terrier ben c’est une maison. La maison playmobile, je parle de celle de la classe moyenne, je ne parle pas bien sûr des dérivés csp+ qui ressemble à de la crème chantilly. Non je parle de la maison typiche. De la classe normale (infirmière, pompier, pompiste, boulanger etc…) le modèle basique quoi, qui crève pas trop le porte-monnaie de grand-mère :

playmobile

Et donc comme tout clone et ben ça reste en-semble nah ! Formant ainsi un maillage infini de petit cube d’habitation identique les uns aux autres. Tel un monde fractal de plus qui en comprenant MandelBrot n’a rien de différent vue de haut quand il est petit !

pavillon region parisienne
camp de vacances


Le monde fractal à ça de rassurant c’est qu’à quelque moment, endroit, lieu,espace, où l’on soit il est le même. Donc pas de panique et les vaches sont bien gardées. Voilà un assemblage de similaire redoutable ces cités pavillonnaires. Pas de place à la différence, seulement des places aux noms de fleurs (pétunias, hortensia … du playmobile je vous dis). D’ailleurs la différence elle doit être ailleurs, sinon Mandelbrot perdrait ses repères. Repère de clone. Les playmobiles vivent donc en-semble loin d’eux. D’eux-mêmes (puisqu’ils sont clones) mais des autres aussi.

Alors comment penser un réseau fractal qui permettrait de la différence ? Comment entrevoir l’habitation autrement que dans un imaginaire tirolien ? Comment organiser son espace en un dessin modulable et mouvant ? Peut on concevoir une architecture d’enfant pas trop conne ? Peut on rester enfant de notre vie ?

vue pavillon
La Côte Fleurie - Loi de Robien recentré


Dans des recoins d’expérimentations on trouve quelques réponses. La tente aujourd’hui se résume presque à une seul marque ‘Quechua’ de la chaîne Decathlon. Elle a revêtu ses lettres de noblesses dans la précarité. D’ailleurs quel hasard à fait que Quechua fut l’habitat de ceux qui ‘échouent là’ :

les enfants de Doncuichotte
Canal St Martin - Paris 2006
Les enfants de Donquichotte


Voilà nous y sommes presque. Sa forme d’igloo, représentative de la mobilité, nous rappelle les peuples nomades. Bref des Inuits transformés en pingouins d’une précarité bien ordonnée. Nous sommes sortis de la maison, de la tente à tata. Nous sommes des voyageurs, des trackers, des globes trotteurs … des aventuriers au rang d’honneur, en rang d’oignon. En précarité je vous le dis l’habit doit être nomade, pour tous ! En tous cas c’est ce que l’on voit. Mais outre la forme rien n’y change.

Il est important de ranger, classer, d’ordonner, le voyageur, le précaire, le travailleur, dans un fractal à géométrie variable.

Bon qu’est ce qu’on veut faire avec cette histoire de tente à tata ? Ben rien. Juste essayer de penser autrement. Et de se dire qu’il est peut-être possible d’inventer de nouvelle forme à l’habitat, précaire ou pas. D’utiliser l’accident de la vie, le quotidien changé et changeant, la différence, l’humour, le langage … en tous cas rien de Playmobile.

maquette franck gehry
maquette franck gehry
maquette de travail de Franck Gehry

( à suivre )

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précarité ou l’accident en modèle

novembre 1, 2007 · Pas de commentaire

La météo a du pouvoir.
De même que les horoscopes, mais bon, j’y crois trop pour en parler. J’ai toujours peur du “c’est écrit”.
La météorologie reste une science de l’étude. Elle a ce pouvoir de nous informer sur notre lieu, et par conséquent de ce que l’on y fait.

cyclone mitch

A paris, à New York, à Tokyo s’il fait beau nous pourrons faire les vitrines, ou boire un café en terrasse. En Suisse, sur les Pyrénées, en Autriche, dans le Colorado, il y a une dépression? Nous irons skier … La météo organise nos loisirs. Mais aussi nos angoisses : tsunami (mot exotique pour raz de marée ), séisme (pour ne pas dire tremblement de terre), canicule (pour ne pas dire sécheresse).

La météo est aussi la science de l’accident. Même si pour nous le beau est signe de limpidité, de tranquilité, de oisiveté, pour les météorologue il peut être aussi lieu de l’accident : un été ensoleillé peut se transformer en canicule non ? Le beau peut devenir donc accident.

Asphalt Spot by R&Sie
Asphalt Spot by R&Sie
Asphalt Spot by R&Sie
Asphalt Spot by R&Sie
Dezeen Mag : Asphalt Spot by R&Sie

L’accident est ce qui fait qu’une ligne droite est déviée en un point. En dessin c’est ce qu’on appelle un repentir. C’est de l’accident que naît l’inattendu. La précarité du geste qui rend plausible le dessin, qui créée l’accident (sociale, humain, politique…). C’est la précarité au monde qui pose la condition première du lieu, de l’abris … Et ce qui naît de ma précarité n’en ai pas moins beau.

Paul Pouvreau - La cabane - 2003-2004
Paul Pouvreau - La cabane - 2003-2004
Paul Pouvreau - La cabane - 2003-2004

 

En Novembre 2003 Paul Virilio exposait un fragment de sa pensée
à La Fondation Cartier : “Ce qui arrive”

 

P.Virilio nous retrace l’histoire du XXeme siècle comme un siècle de grandes découvertes … découverte de l’accident … répété … d’accident à penser :

Ainsi, la reproduction sérielle des catastrophes les plus diverses est-elle devenue l’ombre portée des grandes découvertes, des grandes inventions techniques, et à moins d’accepter l’inacceptable, c’est-à-dire d’admettre que l’accident devienne automatique à son tour, l’urgence d’une « intelligence de la crise de l’intelligence » se fait jour en ce tout début du XXIe siècle…lire le texte de Virilio

accident Ina
voir l’exposition “le musée des accidents” deVirilio. Fondation Cartier 2003

Voilà peut être pourquoi artistes, architectes, penseurs se forment au précaire. Comme si l’histoire ( de l’art entre autre) était à la recherche de cette frontière intérieur : la faille, l’accident, comme phénomène générateur de beau, de progrès, d’avancées, de formes … de vie nouvelle. L’accident qui rend beau par repentir…

Gordon Matta-Clark

Gordon Matta-Clark Splitting: Four Corners 1974

à suivre :
précarité[2] : les artistes ont la forme

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